Choisir attentivement son conjoint

Dieu veut lier dans le mariage deux croyants ensemble. Seul un tel lien peut être un mariage « dans le Seigneur », jamais autrement. Il est vrai, et c’est une pensée très sérieuse, que, malgré tout, tout mariage est joint par Dieu, même s’Il n’a pas conduit les deux époux ! Comme créateur, Dieu joint tout mariage, mais c’est bien différent quand Il a conduit ensemble un homme et une femme. Observons bien la différence. Seul un mariage conduit par Dieu peut être dans le Seigneur.

Voyons maintenant les critères présentés par la Parole de Dieu pour prendre la bonne décision. Autrement dit, selon quels critères peux-tu choisir ton conjoint ? Cette façon de s’exprimer peut paraître très « technique », mais il ne faut pas le voir ainsi. Nous avons vu que la manière dont Dieu rapproche un homme et une femme est un mystère, un secret, et cela reste ainsi. C’est quelque chose de merveilleux, quelque chose que nous ne pouvons pas sonder. Malgré tout, Dieu nous donne des lignes directrices ou critères (c’est ce terme que je vais utiliser). Il est tout à fait clair pour moi, que le choix d’un conjoint ne peut pas réussir sans émotion. Le cœur est impliqué. Il est rarissime de ne pas être franchement épris. Cependant je mets en garde contre le danger de se laisser mener exclusivement ou principalement par ses émotions. La question est bien trop importante pour laisser libre cours à nos sentiments. Cela peut paraître très difficile, spécialement quand on vient de tomber amoureux, mais il est grossièrement imprudent de laisser de côté notre intelligence dans cette décision importante. Avant tout, n’oublions pas de demander à notre Seigneur quelle est Sa volonté. C’est une question beaucoup plus rationnelle qu’émotionnelle.

Je voudrais souligner trois critères faciles à noter : converti ? – ayant fait ses preuves ? – qui correspond ?

Un argument bien connu, d’apparence pieuse prétend ceci : « j’ai épousé un incroyant pour qu’il soit conduit au Seigneur ». C’est un argument de belle apparence, mais qui n’a certainement pas la bénédiction du Seigneur. Il y a d’autres moyens d’amener les incroyants au Seigneur, et conclure un mariage n’en fait pas partie : le mariage n’est pas une méthode d’évangélisation. J’espère que c’est clair pour chacun. J’ai lu une fois la phrase suivante : « c’est plus facile de convertir le monde entier que son propre conjoint ». Si le Seigneur dans Sa grâce sauve effectivement le conjoint incroyant, c’est Sa souveraineté. De tels cas existent, grâce à Dieu ! mais ils sont rares. Et allons-nous considérer les opérations de Dieu en grâce comme des invitations à nous opposer à Ses instructions nettes ? On a exprimé cela sous la forme suivante : S’il arrive que Dieu trace une ligne droite sur nos voies tordues, cela ne nous autorise pas à marcher sciemment dans des voies tordues. Il peut y avoir des cas particuliers où le conjoint se convertit, mais cela n’enlève rien du tout à ta responsabilité. Si tu maries un incroyant, il n’y a pas le moindre consentement de Dieu envers toi, au contraire ! Dieu nous avertit contre une telle décision. Il y a beaucoup d’exemples de l’Ancien Testament qui établissent les suites fatales qu’un tel pas peut avoir. Dans la pratique, il y a d’innombrables exemples montrant qu’en règle générale l’incroyant tire le croyant vers le bas, et non pas l’inverse.

Une jeune fille vint une fois trouver le prédicateur Spurgeon avec cet argument. Elle voulait épouser un incroyant et réclamait la bénédiction du prédicateur. Spurgeon demanda à la jeune fille de monter sur la table et d’essayer de le tirer vers le haut. La jeune fille se donna toutes les peines du monde, mais ne réussit pas à tirer le vieil homme en haut. Ce fut alors au tour de Spurgeon de tirer la jeune fille, et il réussit à la faire descendre de la table dans l’affaire de quelques secondes. L’illustration était claire et nette. Lis Aggée 2:11-13 !

Deuxième critère : avoir fait ses preuves

Le premier critère a une importance décisive. Or il ne suffit pas que le conjoint potentiel prétende être croyant. La confession doit s’avérer réelle et authentique.

Étienne était un jeune homme issu de parents croyants. Durant son apprentissage, il fit la connaissance de Pierrette qui, dès le premier jour, parut avoir jeté un œil sur Étienne, et réciproquement. Les deux s’entendaient assez bien et se rapprochèrent rapidement. Cependant Étienne dit clairement dès le début qu’il n’épouserait qu’une femme connaissant le Seigneur Jésus comme son Sauveur personnel. Pierrette écouta tranquillement, en parla avec Étienne et se mit à fréquenter plus ou moins régulièrement les réunions des chrétiens où allait Étienne. Les parents d’Étienne restaient sceptiques. Pierrette ne tarda pas à dire qu’elle avait reçu le Seigneur Jésus dans sa vie. Elle voulait à l’avenir aller dans un même chemin avec Étienne. Pourtant les parents ne se réjouissaient pas de cette liaison : l’affaire ne leur paraissait pas authentique. Ils avertirent leur fils, qui n’écouta pas ses parents. Il était sûr de son affaire, et il voulait épouser Pierrette. Le jour du mariage vint, puis le jour suivant, et voilà que Pierrette lui dit la vérité toute nue. Le voyage pieux (c’est ainsi qu’elle l’appelait) n’avait été qu’une comédie. Elle n’était pas convertie et ne visiterait dorénavant pas la moindre réunion chrétienne. Étienne en fut comme assommé, mais il n’y avait plus moyen de faire machine arrière. Jusqu’à aujourd’hui, les deux sont encore mariés ; ils se sont arrangés tant bien que mal, mais leur mariage n’est pas un bon mariage, et les deux enfants qu’ils ont eu, souffrent des différences d’orientation de leurs parents.

4.6.2.1 Deux manières de voir

La mise à l’épreuve va plus loin que simplement avoir la conviction que le futur conjoint est converti. Prenons le cas où le futur conjoint est effectivement croyant. Même dans ce cas la mise à l’épreuve est nécessaire. Inversement, cela ne veut pas dire que tu ne dois épouser que quelqu’un de parfait ; si c’était le cas je serais encore célibataire, et beaucoup d’autres avec moi. Il n’y a pas de gens parfaits. Il faut quand même une certaine mise à l’épreuve, et cela dans deux directions :

· D’abord une mise à l’épreuve dans les choses terrestres est nécessaire,

· En suite il faut une mise à l’épreuve dans les choses spirituelles.

Une mise à l’épreuve dans les choses terrestres, veut dire que tu ne dois épouser quelqu’un que s’il a démontré qu’il peut s’en sortir avec les exigences de la vie quotidienne. Salomon dit à son fils : « Prépare ton ouvrage au dehors, et mets en état ton champ, et après, bâtis ta maison » (Proverbes 24:27). Nous pouvons appliquer la maison au mariage. Pour pouvoir se marier, il est important que l’homme fasse son travail et mette en état son champ. Cela signifie au moins qu’il dispose d’une formation professionnelle achevée et qu’il a un revenu régulier. Je ne parle pas du fait que des jeunes hommes peuvent perdre leur travail, c’est une toute autre question.

Des jeunes gens qui se reposent sciemment sur le porte-monnaie de leurs parents ne sont guère en état de fonder leur propre foyer. Avoir la profession de « fils » ne suffit pas pour le mariage. Ce n’est pas une mise à l’épreuve. Une jeune femme doit être en état de prendre soin de son propre foyer. C’est la condition minimale qu’elle doit remplir.

Gabrielle avait grandi dans la maison de ses parents. Elle y était passablement choyée. À l’âge où l’on est apte au mariage, elle reçut une demande de Lothar. C’était un jeune homme connu comme chrétien et issu d’une bonne famille. Les conditions paraissaient bien favorables. Il est vrai que le jeune homme n’avait jamais jusqu’alors réellement travaillé : il faisait partie de la catégorie des « étudiants perpétuels ». Pourtant les parents ne soulevèrent aucune objection, ni les siens ni ceux de la jeune fille. Ils se marièrent, et la catastrophe suivit son cours. Lothar parut pour l’essentiel se reposer sur ses parents et beaux-parents. Il ne put pas ou ne voulut pas poursuivre une activité régulière. Pareillement Gabrielle ne trouva pas de travail. Cela dura quelques années et le mariage alla à la rupture. Depuis, chacun suit son chemin seul. Inutile de dire que ce n’est pas un chemin heureux.

Au moins aussi importante que la mise à l’épreuve dans la vie terrestre, il y a la mise à l’épreuve dans la vie spirituelle. Il faut aussi y faire attention. Réfléchis tranquillement aux questions suivantes avant de prendre une décision :

· Montre-t-il ou montre-t-elle de l’intérêt pour la Parole de Dieu et les pensées qui s’y trouvent ?

· Ce que dit la Bible, est-il important pour lui ou elle dans la vie quotidienne ?

· Es-tu sûr que ta future femme ou ton futur mari peut être un appui ou une aide dans les questions spirituelles ? Et toi-même personnellement, peux-tu l’être ?

· Les réunions de chrétiens seront-elles fréquentées régulièrement ?

· Reconnaît-on l’intérêt pour les choses du Seigneur ?

· Y a-t-il de l’intérêt pour l’évangile ?

Tu trouveras toi-même d’autres questions à méditer, cette liste n’est pas exhaustive. Naturellement ce ne sont là que des signes visibles extérieurement, mais ce sont des indices certains et importants qui peuvent te donner une orientation.

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