Le foyer idéal

Le foyer idéal
Écrit par R.H. Woolsey
D’aucuns objecteront que le foyer idéal est une utopie : “Nous voulons, diront-ils, quelque chose de réaliste, de pratique, et non des théories.”
Certes, nous ne réaliserons sans doute pas en tout point notre idéal. Mais il est nécessaire que nous nous fixions certains buts à atteindre. “En accrochant notre char à une étoile”, selon le proverbe, nous ne monterons peut-être pas plus haut que le rosier, mais du moins ne resterons-nous pas enlisés dans la boue.
Se tracer un idéal, ce n’est nullement bâtir des châteaux en Espagne. Cela signifie se fixer un objectif élevé, définir la direction que l’on veut prendre. Un idéal donne à l’homme une espérance, faute de quoi il n’est guère plus qu’un animal. Au bout du compte, les idéaux nous permettent d’obtenir des résultats concrets. “Les idéaux, a dit S.D. Gordon, sont le diapason de Dieu grâce auquel nous pouvons être en harmonie avec la musique de la vie” -Quiet Talks on Home Ideals, p. 19.
Adopter un idéal n’est évidemment que le premier pas. Ensuite, il nous faut progresser vers cet idéal. C’est pour cela que nous parlons de “fonder”, de “bâtir” un foyer. Nous pouvons acheter une maison déjà construite, mais personne ne peut bâtir notre foyer à notre place. Pareille tâche exige un effort constant. Selon le mot attribué à lord Byron, “l’amour, tout comme la chair et le sang, doit être nourri”. Pour maintenir le corps en vie, il faut manger et prendre de l’exercice. Pour que l’amour et le foyer puissent survivre, ils doivent absolument être nourris, maintenus en activité, cultivés.
Il en est de ce domaine comme de l’exploitation du minerai, par exemple. Plus nous consacrons du temps, de soins, d’énergie au mieux-être et à l’épanouissement de notre foyer, plus il acquiert de la valeur. Un simple morceau de fer brut peut ne valoir que quelques euros, mais si cette même quantité de métal est travaillée et transformée en charnières, elle vaudra nettement plus cher. Si on en fait des aiguilles à coudre, le fer ainsi utilisé rapportera plus encore. Et si on l’emploie pour fabriquer des ressorts de montre, on en tirera d’importants bénéfices. Autrement dit, le gain obtenu est fonction de l’effort qui a été fourni.
Quand on projette de fonder un foyer, il faut y songer longtemps auparavant. N’est-ce pas l’une des conditions de la réussite de tout projet ? Avant même d’avoir atteint l’âge de la puberté, un garçon observe ses parents. Il émet une appréciation à leur égard et, d’après ce qu’il voit, il désirera ou non fonder un foyer comme celui où il a vécu. Plus tard, quand il s’intéressera aux jeunes filles, il cherchera à apprécier aussi les qualités qu’il souhaite trouver chez celle avec qui il devra passer le reste de sa vie. Il en est de même des filles. Lorsqu’elles jouent à la poupée ou quand elles s’occupent d’un de leurs jeunes frères et sœurs, elles établissent consciemment ou inconsciemment une relation semblable à celle qu’elles auront avec leurs propres enfants.
Le sens des responsabilités parentales
Ce comportement fait ressentir un fait très important : l’instinct paternel ou maternel ne se manifeste pas seulement au moment du mariage ; il commence dès l’enfance. Si donc une personne souhaite voir certains traits de caractère chez son futur enfant, elle doit d’abord les cultiver en elle. Les parents ne transmettent pas seulement leur corpulence, leur physique, mais aussi, dans une grande mesure, leur comportement, leurs idéaux, leur personnalité. Ainsi, le genre de foyer que nous envisageons de fonder aura des répercussions sur notre postérité.
Autrement dit, le type de foyers que nous avons aujourd’hui détermine la physionomie du monde de demain. Quelle terrible responsabilité ! A cet égard, on a pu dire que la maternité est la plus noble vocation de la femme. Qu’à travail professionnel égal les femmes puissent prétendre à un salaire égal à celui des hommes, qu’elles accèdent à des postes mieux rétribués, en assumant d’importantes responsabilités, c’est tout à fait normal. Qu’elles sachent cependant que le rôle de la mère ne consiste pas seulement à mettre au monde des enfants, mais à former des personnalités, à forger des caractères pour l’avenir.
Le rôle du père n’est pas minimisé pour autant. Ses responsabilités sont tout aussi grandes. En matière d’éducation, l’homme et la femme ont à remplir une mission commune. Fût-il un homme d’Etat ou un magnat de l’industrie, si le mari néglige l’éducation de ses enfants et lègue ainsi à la société des êtres révoltés et inadaptés, on peut se demander quelle contribution il aura apportée à l’humanité.
Cary Grant, célèbre vedette de cinéma, qui fut aussi un brillant homme d’affaires, se maria plusieurs fois. Mais il n’eut qu’un enfant : Jennifer. Dans un numéro de la grande revue américaine Look (23 février 1971), on pouvait relever les lignes suivantes : “Actuellement, Cary Grant passe une bonne partie de son temps à rechercher des endroits tranquilles où il peut se retrouver avec sa fille. Car après les 72 films à succès qu’il a tournés et auxquels ont participé 53 vedettes de premier plan, avec les millions de dollars qu’il a gagnés, c’est tout ce qui lui reste.”
Cary Grant lui-même aurait fait cette confidence : “Je voudrais que Jennifer aime un seul homme, qu’elle lui soit fidèle et utile. Il m’aura fallu bien des années pour le comprendre. Quant à moi, l’orientation de ma vie a été toute différente. Il n’y a jamais eu vraiment unité entre moi et les diverses femmes que j’ai eues. Nous rivalisions. Je conseille à Jennifer d’aimer un homme et d’être aimée de lui. En dehors de cela, tout ce qu’elle pourra obtenir dans sa vie ne sera qu’un à-côté.”
Le grand acteur évoquait là une question sur laquelle il vaut la peine de s’arrêter. Il a tourné beaucoup de films d’amour. Aussi bien à l’écran que dans sa vie privée, il a fait des déclarations d’amour à de nombreuses femmes. Mais ce n’était là que des mots. Aussi voulait-il que sa fille connaisse véritablement l’amour, le vrai. Or, dépourvue d’exemple dans ce domaine, comment Jennifer le pourrait-elle ? Dans la société actuelle, ce que la plupart des gens savent sur l’amour, ils l’ont acquis d’après ses contrefaçons. Dans les films ou dans les romans, ce qu’on appelle amour n’est trop souvent que passion égoïste, pâle caricature de l’amour basée sur l’attrait physique ou sur des sentiments superficiels.
Le mot amour est assurément très populaire – trop populaire. On le voit étalé sur les tee-shirts, sur les badges, gravé sur les bracelets ou les colliers, imprimé sur toute une série d’autocollants et sur mille objets. On peut dire – au sens propre comme au sens figuré – que le mot “amour” est vulgarisé, galvaudé même.
Mais en fait, qu’est-ce que le véritable amour ? Voici sans doute la plus belle définition qui en ait été donnée : je la trouve dans la Bible, livre fondamental pour tous les pays de tradition chrétienne, et à laquelle je me référerai souvent. En tant que croyant, j’y ai puisé une force et une source d’inspiration. J’aimerais vous les faire partager.
“L’amour prend patience, l’amour rend service,
il ne jalouse pas, il ne plastronne pas, il ne s’enfle pas d’orgueil,
il ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt,
il ne s’irrite pas, il n’entretient pas de rancune,
il ne se réjouit pas de l’injustice, mais il trouve se joie dans la vérité.
Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout.
L’amour ne disparaît jamais.”
La Bible, 1 Corinthiens 13.4-8
Cet amour authentique et généreux est le fondement même du foyer idéal. Il s’exprime d’abord par une affection profonde et sans partage entre mari et femme. Puis il se développe et s’épanouit à mesure que les enfants naissent et grandissent. Il s’étend à l’entourage immédiat : aux voisins, et finalement à l’humanité tout entière. Il se traduit par une attitude, par des actes de bienveillance envers tous nos semblables.
Mais comment peut-on acquérir un amour d’une telle qualité ? Le croyant le puisera à sa source même :
“Dieu est amour :
qui demeure dans l’amour
demeure en Dieu et Dieu
demeure en lui. …
Nous, nous l’aimons,
parce qu’il nous a aimés le premier.” La Bible, 1 Jean 4.16,19

3 réponses à “Le foyer idéal

  1. Qu’est-ce que ça fait du bien de lire ce genre de msg qui nous ramene à la vision de Dieu par rapport au mariage.
    Merci Gégé

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