Guérir des blessures du divorce (1ère partie)

Article extrait de TOP CHRETIEN

Par Ruth Hetzendorfer.
Traduit de l’anglais par Anne Bersot.

Suzanne avait été une chrétienne solide, fidèle dans son service, elle était maintenant plongée dans le désespoir le plus complet et dans la dépression. Pour elle, la vie était finie. Le pire était qu’elle ne savait même pas comment elle en était arrivée là. Elle m’a dit ceci : « Ce n’est pas seulement mon mariage qui a été un échec, mais aussi ma relation avec Dieu et avec l’église».

En l’écoutant, je réalisais que ce qui faisait son désespoir, ce n’était pas seulement l’infidélité et la trahison de son mari, mais aussi le jugement qu’allaient porter sur elle les autres chrétiens.

« Si j’avais su que je ne faisais pas ce qu’il fallait, j’aurais changé. J’ai été un pilier dans l’église, j’ai fait l’école biblique, et le pire de tout c’est que je suis une fille de pasteur ! »

Puis elle me demanda : « Pourquoi l’église m’a-t-elle abandonnée, pourquoi n’y ai-je trouvé aucune aide ? »

A quel moment nous sommes-nous trompés, pensai-je, nous le corps des croyants ? Qu’avons-nous manqué ? Si le mari de Suzanne était mort, aurions-nous réagi autrement ? Jésus est-il bien venu guérir tous ceux qui avaient le cœur brisé, tous ceux qui souffrent et qui sont dans le deuil ? Y compris les divorcés ?

Le divorce a toujours été un problème dans l’église, car nous craignons ce que nous ne connaissons pas. Nous avons peur de tendre une main secourable aux personnes qui passent par le divorce, car nous craignons d’être accusés de fermer les yeux ou pire, d’encourager le divorce. Pourtant ne trouve-t-on pas dans la Bible ceci : « L’Éternel soutient tous ceux qui tombent Et redresse tous ceux qui sont courbés » (Psaume 145 : 14)

Le divorce est maintenant partout, nous ne pouvons plus fermer les yeux et l’ignorer. Nous devons éduquer non seulement ceux qui sont dans l’église maintenant, mais aussi ceux qui demain nous dirigeront.(voir Osée 4 :6).

En tant que conseillère dans mon église et professeur d’école biblique, j’ai appris que les points importants pour conseiller efficacement quelqu’un sont ceux ci : (1) avoir un intérêt authentique pour ces personnes ; (2) Se reposer sur le Saint Esprit pour avoir du discernement ; (3) Bien connaître leurs problèmes et comprendre ce qui se passe en eux. Si vous parvenez à saisir les sentiments qui peuvent accompagner le désespoir et la détresse, vous êtes sur la bonne voie pour comprendre ce qui se passe dans le cœur de quelqu’un qui passe par un divorce.

Jésus est notre exemple, et il nous a montré comment nous devions nous comporter envers ceux qui souffrent. Il n’a jamais tourné le dos à personne, il était plein de compassion pour ceux qui étaient dans la souffrance. Nous pouvons suivre ses traces en mettant en pratique sa Parole.

Esaïe 61

« PORTER DE BONNES NOUVELLES »

La bonne nouvelle à annoncer dans les cas de divorce, c’est qu’il y a de l’espoir pour guérir et la possibilité de se sortir de ce traumatisme. Mais avant de pouvoir partager la bonne nouvelle avec ceux qui divorcent, il faut déjà que nous examinions nos propres cœurs.

Avant de pouvoir aider, nous devons être libres de l’idée préconçue selon laquelle la personne qui divorce est forcément responsable quelque part du départ de son conjoint. De nos jours, les gens sont moins enclins à supporter de mauvais mariages qu’autrefois. L’idée que l’on se fait du mariage est devenue de plus en plus hédoniste, mettant en avant le plaisir, l’épanouissement personnel, plutôt que des valeurs de fidélité et d’engagement. A cause de l’accès facile à la pornographie, de plus en plus de gens recherchent autre chose dans leur relation de couple, et finissent par aller chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent pas chez eux.

Il est temps de cesser de prononcer un jugement contre ceux qui passent par un divorce, et de reconnaître que malheureusement, il arrive que même un conjoint chrétien quitte le foyer conjugal. Mais voici la bonne nouvelle : « Vous aviez formé le projet de me faire du mal, Dieu l’a transformé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui » (Genèse 50 :20)

« PANSER CEUX QUI ONT LE CŒUR BRISE »

Le terme « Panser » comporte les notions d’un engagement à défendre ou à protéger un cœur brisé, et pas seulement mettre un pansement dessus. Mettre seulement un pansement, c’est dire à celui qui souffre : « J’espère que ça va s’arranger, Je vais prier pour toi ». Mais nous devons apporter plus à la personne qui vit un divorce, une véritable protection : « Je ne comprends peut-être pas toute ta situation, mais tu peux compter sur mon soutien. Je vais t’aider à passer au travers de cette épreuve, je ne t’abandonnerai pas ».

Il s’agit là de donner plus que des mots (voir Jacques 2 :16), cela veut dire téléphoner, rendre visite, et écouter toujours la même histoire des dizaines de fois. Cela peut aussi vouloir dire aider à faire des réparations, ou aider financièrement la personne. « Panser ceux qui ont le cœur brisé », c’est mettre sa foi en action.

« PROCLAMER AUX CAPTIFS LEUR LIBERATION »

La « libération » ne veut pas forcément dire être libéré d’un ex-conjoint, ou la liberté de pouvoir à nouveau aimer quelqu’un d’autre. Cela signifie la libération du fardeau de l’échec. Ceux qui dans l’église connaissent la séparation ont le sentiment qu’ils ont non seulement échoué dans leur vie de couple, mais aussi dans leur relation avec Dieu et leur vie d’église. Ils ont le sentiment qu’ils ne seront plus jamais une personne à part entière comme avant, libre de son passé.

Mais Dieu pardonne. Alors pourquoi des chrétiens bien intentionnés rappelleraient-ils sans cesse aux divorcés leur passé ? Nous devons nous demander si nous acceptons telles qu’elles sont les personnes divorcées, et si nous portons sur elles des regards bienveillants.

« CONSOLER CEUX QUI SONT DANS LE DEUIL »

Aucun chagrin ne peut se comparer au chagrin qu’éprouvent ceux qui vivent un divorce. Leur chagrin n’est pas seulement celui de perdre un proche, ou le deuil de leurs rêves pour l’avenir, c’est aussi perdre la confiance, perdre l’idéal qu’on se faisait du mariage, et bien souvent, perdre ses amis.
« Consoler » veut dire redonner des forces et relever le moral de la personne.

Ceux qui perdent un conjoint ont besoin d’un temps de deuil. Cela prend environ un an pour sortir du chagrin du divorce, et pour reprendre le cours de la vie. Nous devons être patients avec ces personnes, car elles passent par des hauts et des bas.

Dans tout ce processus, il y a souvent des temps de colère et de refus de pardonner. Il faut entre 9 mois et un an avant de pouvoir vraiment pardonner, même en s’appliquant à prier chaque jour pour celui ou celle qui nous a tant blessé. Le fait de choisir volontairement de pardonner et de bénir la personne qui nous a fait du mal va faire vraiment la différence, et amener un changement. De notre côté, nous devons prier, guider, et patienter auprès de ceux qui souffrent.

« DONNER UN VÊTEMENT DE LOUANGE AU LIEU D’UN ESPRIT ABATTU »

« Un esprit abattu » représente une souffrance profonde que probablement la plupart d’entre nous ne connaîtrons jamais. Le remords et les regrets au sujet de ce qu’on n’a pas fait et qu’on ne fera jamais sont porteurs de dépression. Quelle différence il y a avec une personne versée dans la louange ! Nous devons conduire les personnes qui souffrent ainsi à louer et adorer Dieu, malgré les sentiments qui les déchirent. Le fait de louer Dieu permet de gagner la bataille et nous arrache à la détresse. (2Chroniques 20 :17-22).
Nous devons encourager les divorcés à faire des choix qui vont les faire progresser pas à pas vers la guérison complète de leurs blessures. Encourager signifie amener à penser que Dieu peut et veut faire quelque chose pour cette personne. Il ne faut jamais laisser tomber quiconque. Sommes-nous prêts à apporter soutien et espoir à ceux qui souffrent ?

« ON LES APPELLE TEREBINTHES DE LA JUSTICE »

Lorsque des personnes guérissent vraiment des blessures profondes de la vie, ils peuvent devenir des sources d’encouragement pour d’autres dans l’église. Personne ne peut mieux aider quelqu’un qui passe par un divorce, que celui ou celle qui connu cette souffrance, et qui non seulement a survécu, mais aussi a appris à revivre pleinement la joie de la vie avec le Seigneur.

Suzanne a heureusement expérimenté cette véritable guérison des blessures. Sa vie, qui avait été déracinée et vidée de tout espoir, a été restaurée. Elle a ancré ses racines profondément dans le Seigneur, et elle est devenue une conseillère pleine de compassion, une source d’encouragement pour tous ceux qui souffrent. Elle est vraiment devenue un « térébinthe de la justice », montrant l’exemple d’une vie stable et solide.

Comment y est-elle parvenue ? Elle a trouvé des chrétiens qui l’ont aidée avec compassion, et elle a proclamé de sa bouche Genèse 50 :20, sans jamais laisser tomber.

L’histoire de Suzanne est l’illustration de l’efficacité du réconfort. Si nous arrêtons de mépriser ce que peuvent apporter ceux qui sont passés par la peine, et si au contraire nous les encourageons à exploiter tout leur potentiel, ils trouveront la force de réconforter ceux qui passent par les mêmes souffrances.

« L’Éternel est près de ceux qui ont le coeur brisé, Et il sauve ceux qui ont l’esprit dans l’abattement.» (Psaume 34 :18).

*les noms ont été changés pour ne pas gêner les personnes concernées.
Les références bibliques sont prises dans la version Segond Révisée.

Ruth Hetzendorfer est professeur diplômée et conseillère en relation d’aide. Elle enseigne au Collège Biblique Southwestern des Assemblées de Dieu des Etats Unis, à Waxahachie, Texas.

Cet article a été publié en langue anglaise dans Enrichment Journal, magazine d’édification des Assemblées de Dieu des États Unis, qui nous a aimablement autorisés à le traduire et le publier sur ce site. http://www.enrichmentjournal.ag.org/

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