Nos sentiments sont-ils contrôlables?

Article écrit par Carlo BRUGNOLI

Quelqu’un a comparé notre personnalité (l’âme) à un camion et sa remorque: le camion et son moteur représentent notre intelligence, le volant notre volonté et la remorque nos sentiments. Quand le camion précède la remorque, tout va bien; mais lorsque cette dernière passe devant, c’est le tête-à-queue et l’accident. Tout comme le volant donne la direction au camion et que la remorque suit, nous choisissons ce que nous pensons et cela crée des sentiments.

Quand la Parole exhorte nos sentiments, elle prend soin de nourrir notre intelligence. La joie, la colère, la paix ou les autres sentiments dépendent directement de ce que nous pensons. Si mon intellect est nourri de réflexions angoissantes, il est vain de s’attendre à ressentir la sérénité. Mais si j’écoute une histoire drôle, elle produira des sentiments joyeux.

La pensée médiatique dominante aujourd’hui est à l’inverse:

– Voici un mari fidèle et heureux père de trois bambins. Un beau matin, une nouvelle employée aux lignes séduisantes arrive dans le bureau où il travaille. Les sentiments de cet homme s’enflamment, ses pensées en sont subjuguées et sa volonté en devient le jouet et l’esclave. Cet homme, si l’on en croit le ” médiatiquement correct “, n’a alors qu’un seul choix: coucher avec la nouvelle venue et divorcer quelque temps plus tard, laissant sa femme et ses trois enfants écrasés de douleur et incrédules devant ce tremblement de terre! A qui la faute? Certains penseront ou diront qu’en finalité, c’est celle du Créateur… Mais l’Ecriture déclare: ” Que personne, en présence de la tentation, ne dise: ” C’est Dieu qui me tente et me pousse à faire le mal. ” Dieu lui-même est inaccessible à la séduction du mal, il ne va donc pas pousser les autres à le commettre. Non, Dieu ne tente personne. Voilà plutôt ce qui se passe: lorsque nous sommes tentés, ce sont les mauvais désirs que nous portons en nous qui nous appâtent, nous séduisent et nous entraînent. Or, le mauvais désir, si nous lui cédons, donnera naissance au péché. Celui-ci, à son tour, une fois parvenu à son plein développement, enfantera la mort. ” Jac. 1:13-15

Reprenons notre histoire mais cette fois-ci dans la perspective biblique:

– Un lundi matin, une nouvelle employée à la silhouette attrayante se présente. Le mari sent bien que ses sentiments pourraient s’enflammer pour cette jeune fille, mais il contrôle ses pensées, choisissant le bonheur de sa femme, de ses enfants et même celui de cette employée, qu’il choisit de regarder, non comme un jambon à dévorer, mais comme une personne ayant son propre destin. Bien que la tentation soit réelle et persistante, ses pensées sont nourries de valeurs meilleures, qui le préservent d’une aventure dévastatrice; sa volonté garde ainsi toute sa liberté. L’homme a fait le choix de la fidélité de coeur; son épouse vit en sécurité et ses enfants bénéficient d’un trésor insoupçonné!

Aimer de l’amour agape est bien plus qu’un sentiment, c’est un choix: celui de vouloir le meilleur pour sa femme, son mari, ses enfants. Si cet amour, de plus, est soutenu par une amitié forgée dans le service, le respect, la confiance, les luttes et les combats livrés ensemble, les pleurs et les rires, les défis surmontés conjointement, les vacances et les loisirs communs, alors on ne laissera pas la remorque ” passer devant ” chaque fois qu’une jeune fille en minijupe traversera notre chemin, ou, pour l’épouse, chaque fois qu’un gentleman lui fera un compliment.

Tout être humain, quelle que soit sa position, y compris celui qui écrit ces lignes, peut tomber; c’est ce qui est arrivé au roi David. Mais Dieu ne nous a pas laissés sans défenses face aux tentations. Comme le camionneur respecte certains principes pour ne pas être entraîné par sa remorque, nous devons apprendre à diriger notre personnalité sous la conduite de l’Esprit de Dieu, afin de gérer nos sentiments, les nourrir et en jouir sans les laisser nous dépasser.

Est-ce facile? Non. Est-ce possible? Oui. Est-ce nécessaire à notre bonheur et à celui des autres? Résolument.

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