Relation malsaine: violence et syndrôme de Stockholm

Extrait du site : http://bonheuretamour.wordpress.com/2012/05/12/violence-et-syndrome-de-stockholm/

Les gens sont parfois étonnés de leurs réactions et de leur état psychique – les ex-déprimés ne comprennent pas qu’ils aient un jour songé à se tuer, les ex-psychotiques, qu’ils aient pu agir comme ils l’ont fait durant leurs crises, ou de leurs fantasmes de toute puissance.

Mais les plus surpris sont ceux qui sont restés tout un temps dans une relation amoureuse avec un abuseur. Quand la relation se termine, ils affirment que leur abuseur leur manque ou qu’ils l’aiment encore. Leurs proches sont du reste également choqués d’entendre ceci.

Pourtant, cette attitude est parfaitement normale, psychologiquement parlant : ça s’explique par le syndrome de Stockholm (nommé ainsi d’après un hold-up long et violent en ‘73 à Stockholm, où les otages prirent parti pour leurs ravisseurs). Par ce syndrome, la victime voit tout à l’envers : le monde extérieur (surtout ceux qui tentent de l’aider) comme hostile, et son abuseur, comme son protecteur.

On reconnut après cette prise d’otages(bien que cela ait existé bien avant), l’existence du syndrome, c-à-d de la création d’un lien émotionnel entre un prédateur et sa victime – par ex, dans les situations de violence à enfants, femmes battues, prisonniers de guerre ou de camps de concentration, membres de sectes, victimes d’inceste et relations « contrôlantes ».

En fait, se lier émotivement au prédateur est une stratégie de survie pour une victime d’abus et d’intimidation – on a constaté que cela augmente réellement les chances de survie des otages.

Hélas, cela fait aussi qu’ils refusent de porter plainte ou de coopérer avec ceux qui veulent les aider – mon oncle a un jour interrompu un homme battant sa compagne ; l’homme s’est alors colleté avec lui ET LA FEMME S’EST MISE AUSSI A LE FRAPPER – ceci est typique !

Il est important de comprendre les composants du syndrome de Stockholm dans les relations d’amour, pour savoir pourquoi la victime aime et défend son abuseur et résiste aux tentatives pour la libérer

En fait, la terreur doit durer un certain temps, sinon, le syndrome n’apparaît pas – or, c’est le cas des relations abusives – et il y faut les éléments suivants :

–  la présence (réelle ou perçue) d’une menace contre la survie physique ou psychologique, et la croyance que l’abuseur mettra cette menace à exécution,

– la présence perçue d’un peu de douceur de l’abuseur envers la victime,

– l’isolement par rapport à des perspectives étrangères – la victime n’a que la vision de son abuseur,

– l’inaptitude (réelle ou perçue) d’échapper à la situation.

–  la présence (réelle ou perçue) d’une menace contre la survie physique ou psychologique

La perception d’une menace peut être directe ou indirecte ; les partenaires criminels menacent directement la victime ou leur vie de violence intimide celle-ci – elle obéit alors pour sauver sa vie ou celle de ses proches.

L’abuseur la menace pour qu’elle ne le quitte pas, disant qu’il connaît des gens qui en font disparaître d’autres, ou que, dans le passé, d’autres ont chèrement payé le fait de les quitter. Il raconte à la victime ses veangeances passées pour l’effrayer et la maintenir dans l’obéissance.

Assister à une agression est aussi considéré comme une menace ; l’abuseur démolit dans ce but des meubles devant sa victime – ce qui lui fait comprendre qu’elle pourrait être la prochaine cible…

la perception de douceur de la part de l’abuseur

En situation menaçante ou de survie, une victime se raccroche au moindre signe d’espoir – signes indiquant qu’il est possible qu’elle s’en sorte. Lorsque l’abuseur montre un atome de gentillesse à la victime (même si c’est dans son intérêt à lui), celle-ci l’interprète comme une qualité de son ravisseur.

Pour un otage, de petits gestes – pouvoir aller aux toilettes, ou recevoir à manger ou à boire – est assez pour qu’un lien se forme  avec le preneur d’otage.

En relation avec un abuseur, une carte d’anniversaire (donnée généralement après une période d’abus) ou des pralines, est interprété comme un signe d’espoir, d’amélioration, bref, que l’abuseur a du bon en lui et que le bout du tunnel est en vue.

La victime lui est même reconnaissante pour les fois où il ne la violente pas – alors que vu la situation, il aurait normalement dû le faire ! Par ex, un abuseur agressif et jaloux fait toujours une scène si un copain du sexe opposé téléphone à la victime – et s’il ne le fait pas, la victime se reprend à espérer en des lendemains qui chantent !

L’abuseur raconte souvent à sa victime son enfance malheureuse, en sorte que la victime a pitié du salaud (qu’elle prend alors pour une victime !) et espère, à force d’amour, le soigner et le guérir de ce qu’il a subi. La victime tend alors aussi à excuser ce qu’il lui fait subir ; il la violente à cause (le pauvre !) des mauvais traitements qu’il a eus dans son enfance.

Même si le loser admet qu’il agit mal et a besoin de se faire soigner, c’est toujours après avoir violenté ou intimidé sa victime et il ne l’admet que pour nier sa responsabilité dans la violence en question.

Tous les criminels actuels, en effet, savent pertinemment qu’ils peuvent diminuer leur culpabilité en invoquant une enfance malheureuse ou même la mauvaise influence des jeux video – un meurtrier a par ex, jeté le blâme de son acte sur la junk food qu’il consommait.

Qu’ils aient eu une enfance malheureuse est triste, mais hélas, en avoir pitié ne change pas leur comportement ; ça ne fait que maintenir plus longtemps la victime dans les chaînes ! Même leurs excuses servent en fait à cela !  Et quand une méthode ne marche plus, ils en essaient une autre ; tout pour que vous y croyiez et restiez leur jouet !

pas d’autres perspectives– seulement la vision de l’abuseur

Dans une relation abusive, la victime doit toujours « marcher sur des œufs », vivant dans la crainte de faire ou dire quelque chose qui le fera « exploser ». Pour survivre, elles commencent à adopter la vision du monde de leur abuseur ; elles arrangent les choses qui pourraient provoquer une crise de colère, obéissent en tout à leur abuseur et font des choses qui leur plaisent – finalement, toutes leurs décisions découlent de leur anticipation de la réaction probable de l’abuseur, elles ne se soucient plus que de leurs besoins, désirs et caprices.

Cette technique de survie devient si prenante que la victime se fâche contre ceux qui tentent de la sortir de sa situation – tout comme l’est l’abuseur envers ceux qui aident et soutiennent sa victime. La victime fuit même ses amis et sa famille – tous ceux qui pourraient l’aider sont vus comme des sources d’embêtements (vu qu’ils provoquent des scènes de la part de l’abuseur). La famille s’indigne que cette victime prenne le parti de l’abuseur alors que tout ce qu’elle essaie de faire, c’est de minimiser les situations où elle sera violentée !

Dans les cas les plus graves, la victime est liée fortement à son bourreau et a le sentiment que ce qu’elle subit est de sa faute (moi !) ou, si les enfants se plaignent, elles les accusent de briser la famille.

l’inaptitude de s’échapper

Il est facile de comprendre qu’un otage dans un hold-up, menacé par des bandits armés, n’a pas la possibilité de s’enfuir – par contre, s’agissant d’un(e) être en relation d’amour, c’est moins évident à comprendre : on se dit que ces gens sont adultes et que, si la relation ne leur plaît pas, ils n’ont qu’à faire leur valise et partir !

Ils ne savent pas que l’abuseur s’est débrouillé pour placer la victime en situation de dépendance par rapport à lui : il l’a isolée de tout contact, dépouillée de ses biens et de toute estime de soi, lui a fait des enfants – et souvent même, lui  a mis des dettes ou des intérêts communs (maison, …) sur le dos : ainsi lestée, la rupture est impossible – sans compter qu’il menace souvent de ne rien lui payer, de lui enlever ses enfants, de la tuer ou de les tuer ! Une menace à prendre au sérieux quand on sait que la plupart des femmes assassinées le sont par un compagnon qu’elles viennent de quitter !

En plus, la séparation ne met pas fin aux violences ; rendu enragé parce qu’elle a osé lui échapper, l’abuseur harcèle la victime, détruit sa réputation (faux témoignages, …), lui ôte ses enfants et lui pourrit la vie autant qu’il peut.

Un abuseur peut aussi faire craindre à la victime qu’il se suicidera – par sa faute – si elle part.

Du reste, la victime, dépouillée de toute estime de soi, est comme un oiseau sans ailes (IL lui a coupé les ailes !) ; car on ne se lève pour défendre ses droits que si on se juge digne d’en avoir – or, l’abuseur l’a démolie psychiquement, en sorte qu’elle se sent pire qu’une bouse – et que donc, elle ne s’indigne pas de ce qu’on la violente ; elle pense le mériter !

– Un(e) ado déstabilisé par le divorce de ses parents, peut se mettre en couple avec un(e) abuseur(euse) qui semble pouvoir (comme il contrôle tout) stabiliser leur vie, ou s’attacher à un abuseur à l’entrée à l’unif ou à une haute école : l’abuseur est alors vu comme quelqu’un qui les protégera des attaques des autres.

On peut dire que toute relation malsaine se fonde sur un souci constant d’éviter « des ennuis », lesquels peuvent survenir suite à des actes, paroles, regards, choix d’aliments,non-nettoyage de l’appartement,  … La famille, les amis ou les enfants deviennent alors « des ennuis » !

Le syndrome de Stockholm en relation est assez fréquent et explique pourquoi les victimes continuent à soutenir leur abuseur, même après la rupture – c’est aussi pourquoi ils continuent à voir un bon côté chez ce dernier et semblent approuver leur bourreau.

De plus, d’autres personnes participent à ces situations étranges et violentes : c’est dû à la « dissonance cognitive ».

Oui, les gens soutiennent ces situations malsaines et anormales : en effet, tout être tente d’éviter les situations qui le mettent mal à l’aise. Lorsqu’il y a 2 voies de connaissance qui s’opposent – le savoir, l’opinion, les sentiments, des données provenant d’autres personnes, … , ça cause de l’inconfort psychologique à l’individu, qui tente alors de réduire la dissonance (= le fait que nos cognitions ne collent pas ou n’ont pas de sens si on les combine)

on peut alors rajouter d’autres pensées et attitudes – par ex :

Par ex, un fumeur sait que fumer nuit à la santé, alors, pour pouvoir continuer, il se dit des choses du genre « je fume depuis pas longtemps », « je fume des cigarettes dénicotinisées », «il faut bien mourir de quelque chose ! » et surtout : « de toute façon, tout est pollué, alors, … »

Par conséquent, si on a un partenaire abusif, on se dit des choses du genre « il ne me donne que des gifles et non des coups », « il a beaucoup de stress au boulot », …

Leon Festinger (qui a créé le terme “dissonance cognitive ”, a remarqué que les adeptes d’une secte ayant volé tous leurs biens en échange de la survie lors d’une apocalypse – devant l’évidence que l’apocalypse prévue n’arrivait pas, au lieu d’en déduire qu’ils avaient été floués, ont déduit que leur ferveur avait évité ladite apocalypse – c’est tout a fait ma théorie du trou dans le pull ; quand quelqu’un a (ou S’EST) investi à fond dans quelque chose (temps, argent et énergie), on ne veut pas avoir perdu tout ça en vain – tout comme un joueur de poker qui a « la tête dans le sac » ;  il ne sait pas dire « bon, maintenant, je me retire ; j’ai perdu assez – au contraire, il se dit « allez, je vais me refaire au coup prochain » !

Tout prouve qu’à force de se démener pour quelque chose, on s’y attache (enfant, par ex). Les baptêmes étudiants, entraînement des « marines » – bref, tout ce qui est pénible, humiliant, difficile – produit des êtres loyaux et impliqués.

Les épreuves créent un lien – et on dirait que l’abuseur le sait. On ne s’attache pas à un autre membre de l’automobile club, mais à un autre survivant de crash, oui.

Or, il y a plusieurs types de liens qui tendent à nous maintenir dans une relation malsaine :

l’investissement émotionnel  (se faire du souci, pleurer, « donner de soi »), l’investissement social (on a sa fierté, alors on reste pour pas avoir la honte devant les autres), l’investissement familial (les enfants constituent un investissement lourd !),  l’investissement financier  (l’abuseur a impliqué à fond sa victime !),  l’investissement dans un style de vie (l’abuseur utilise souvent le standing ou l’argent pour faire rester sa victime) et  l’investissement intime (le domaine sexuel est aussi – bien que pas pour tous – un investissement lourd).

=> Donc, ce n’est pas que nos sentiments pour lui qui nous font rester avec un abuseur ; c’est surtout la somme de tous ces investissements.

La combinaison de 2 facteurs malsains

Parfois, le syndrome de Stockholm se double de dissonance cognitive : la victime pense alors qu’elle s’effondrerait si elle quittait son bourreau, car elles ont littéralement tout investi – leurs biens, leurs sentiments, leur corps et leur âme – dans la relation. Et plus leurs proches dénoncent le caractère malsain de la relation, plus la victime les blâme ; bref, ils deviennent aussi des victimes de l’abuseur.

Le syndrome de Stockholm et la dissonance cognitive apparaissent involontairement, dans l’effort pour survivre à des conditions de vie menaçantes  – souvenons-nous qu’au départ, l’abuseur semblait charmant et aimant…

Les victimes ne font qu’acquérir les feelings et pensées nécessaires à leur survie dans une telle relation : il a souvent été constaté que plus une situation est dysfonctionnelle, plus nos plans de survie et nos mécanismes d’adaptation le sont !

La victime est engagée dans une tentative de survivre et de faire fonctionner la relation (ce qui est antinomique…)

Les proches de la victime

Quand une famille a l’un de ses membres qui sort avec un loser abuseur, ils en souffrent, surtout si la victime les exclut. Mais avec les infos ci-dessus sur les raisons des actes apparemment cruels ou insensés de leur parent(e) victime, ils faut qu’ils soient compréhensifs et patients, et prêts à soutenir la victime lorsqu’elle rompra enfin avec son abuseur. Ce n’était pas de sa faute si elle les a mal traités ; c’est à cause du lavage de cerveau que son abuseur lui a fait subir (tout à fait comme l’adepte d’une secte) et de sa terreur des conséquences.

Qu’ils se souviennent que, plus ils critiqueront le partenaire abusif, plus ils apportent de l’eau à son moulin –eh oui ; le loser ne cesse de dire à sa victime que ses proches sont jaloux et essaient de saboter leur « belle relation » !

Il vaut mieux maintenir ce lien à distance, en espérant que votre proche victime ouvrira un jour les yeux et reviendra alors vers vous… Pour maintenir quand même un contact, même mince et assurer la victime que vous êtes toujours là pour elle, appelez une fois par semaine, le soir, à heure fixe – sinon, vos coups de fil seront vus comme des coups de sonde, pour les espionner. Si vous tombez sur le répondeur, ne laissez qu’un message poli et aimant.

Appelez aussi pour les fêtes et anniversaires – toujours sans mentionner la relation – juste un message de tendresse et quelques infos sur la famille – jamais des questions – jamais aucune pression.

Rappelez-vous toujours que si la victime se montre hostile envers vous, ce n’est qu’une attitude défensive d’auto-protection – la victime doit savoir que même si elle rejette sa famille, celle-ci ne la rejette pas.

Au fond d’elle-même, la victime se sait maltraitée, mais, si vous le lui dites, vous lui rappelez cette pénible situation – or, chacun tend à éviter les porteurs de mauvaises nouvelles.

Si votre parent victime se confie un peu à vous ou insinue qu’il(elle) songe à rompre, ne cédez pas à la tentation de critiquer l’abuseur – réitérez seulement l’assurance de votre amour et votre offre de l’aider si besoin est. Car une victime ne se détache pas d’un coup ; ça lui prend des mois ou des années – là, elle est sans doute juste en train de collecter des infos.

Si l’on ne peut dire à la victime les choses en face, il faut lui faire entendre les choses indirectement, via quelqu’un d’autre, l’une des rares personnes avec qui elle peut encore avoir des contacts. Toujours de l’amour bien sûr, pas d’insultes ni de menaces envers l’abuseur (même si on en est venu à le détester). Car toute attaque contre l’abuseur sera vengée par lui sur la victime.

Les parents d’un(e) ado ou post-ado en ménage avec un abuseur et qui l’aident financièrement, sont tentés de cesser de payer si leur enfant les tient à distance ou les insulte. Mais, ce faisant, il est encore plus dépendant de son abuseur – surtout que c’est une épreuve, et que toute épreuve les attache encore plus fort à leur bourreau.

Comme dans une secte, la victime est punie si elle est déloyale envers l’abuseur.

Si vous êtes victime d’une relation abusive, ou que c’est le cas d’un être aimé, personne ne sait comment ça évoluera – mais plus la victime reste dans la relation et plus elle s’y implique (mariage, enfants, maison), plus il lui sera difficile de rompre.

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Les gens sont parfois étonnés de leurs réactions et de leur état psychique – les ex-déprimés ne comprennent pas qu’ils aient un jour songé à se tuer, les ex-psychotiques, qu’ils aient pu agir comme ils l’ont fait durant leurs crises, ou de leurs fantasmes de toute puissance.

Mais les plus surpris sont ceux qui sont restés tout un temps dans une relation amoureuse avec un abuseur. Quand la relation se termine, ils affirment que leur abuseur leur manque ou qu’ils l’aiment encore. Leurs proches sont du reste également choqués d’entendre ceci.

Pourtant, cette attitude est parfaitement normale, psychologiquement parlant : ça s’explique par le syndrome de Stockholm (nommé ainsi d’après un hold-up long et violent en ‘73 à Stockholm, où les otages prirent parti pour leurs ravisseurs). Par ce syndrome, la victime voit tout à l’envers : le monde extérieur (surtout ceux qui tentent de l’aider) comme hostile, et son abuseur, comme son protecteur.

On reconnut après cette prise d’otages(bien que cela ait existé bien avant), l’existence du syndrome, c-à-d de la création d’un lien émotionnel entre un prédateur et sa victime – par ex, dans les situations de violence à enfants, femmes battues, prisonniers de guerre ou de camps de concentration, membres de sectes, victimes d’inceste et relations « contrôlantes ».

En fait, se lier émotivement au prédateur est une stratégie de survie pour une victime d’abus et d’intimidation – on a constaté que cela augmente réellement les chances de survie des otages.

Hélas, cela fait aussi qu’ils refusent de porter plainte ou de coopérer avec ceux qui veulent les aider – mon oncle a un jour interrompu un homme battant sa compagne ; l’homme s’est alors colleté avec lui ET LA FEMME S’EST MISE AUSSI A LE FRAPPER – ceci est typique !

Il est important de comprendre les composants du syndrome de Stockholm dans les relations d’amour, pour savoir pourquoi la victime aime et défend son abuseur et résiste aux tentatives pour la libérer

En fait, la terreur doit durer un certain temps, sinon, le syndrome n’apparaît pas – or, c’est le cas des relations abusives – et il y faut les éléments suivants :

–  la présence (réelle ou perçue) d’une menace contre la survie physique ou psychologique, et la croyance que l’abuseur mettra cette menace à exécution,

– la présence perçue d’un peu de douceur de l’abuseur envers la victime,

– l’isolement par rapport à des perspectives étrangères – la victime n’a que la vision de son abuseur,

– l’inaptitude (réelle ou perçue) d’échapper à la situation.

–  la présence (réelle ou perçue) d’une menace contre la survie physique ou psychologique

La perception d’une menace peut être directe ou indirecte ; les partenaires criminels menacent directement la victime ou leur vie de violence intimide celle-ci – elle obéit alors pour sauver sa vie ou celle de ses proches.

L’abuseur la menace pour qu’elle ne le quitte pas, disant qu’il connaît des gens qui en font disparaître d’autres, ou que, dans le passé, d’autres ont chèrement payé le fait de les quitter. Il raconte à la victime ses veangeances passées pour l’effrayer et la maintenir dans l’obéissance.

Assister à une agression est aussi considéré comme une menace ; l’abuseur démolit dans ce but des meubles devant sa victime – ce qui lui fait comprendre qu’elle pourrait être la prochaine cible…

la perception de douceur de la part de l’abuseur

En situation menaçante ou de survie, une victime se raccroche au moindre signe d’espoir – signes indiquant qu’il est possible qu’elle s’en sorte. Lorsque l’abuseur montre un atome de gentillesse à la victime (même si c’est dans son intérêt à lui), celle-ci l’interprète comme une qualité de son ravisseur.

Pour un otage, de petits gestes – pouvoir aller aux toilettes, ou recevoir à manger ou à boire – est assez pour qu’un lien se forme  avec le preneur d’otage.

En relation avec un abuseur, une carte d’anniversaire (donnée généralement après une période d’abus) ou des pralines, est interprété comme un signe d’espoir, d’amélioration, bref, que l’abuseur a du bon en lui et que le bout du tunnel est en vue.

La victime lui est même reconnaissante pour les fois où il ne la violente pas – alors que vu la situation, il aurait normalement dû le faire ! Par ex, un abuseur agressif et jaloux fait toujours une scène si un copain du sexe opposé téléphone à la victime – et s’il ne le fait pas, la victime se reprend à espérer en des lendemains qui chantent !

L’abuseur raconte souvent à sa victime son enfance malheureuse, en sorte que la victime a pitié du salaud (qu’elle prend alors pour une victime !) et espère, à force d’amour, le soigner et le guérir de ce qu’il a subi. La victime tend alors aussi à excuser ce qu’il lui fait subir ; il la violente à cause (le pauvre !) des mauvais traitements qu’il a eus dans son enfance.

Même si le loser admet qu’il agit mal et a besoin de se faire soigner, c’est toujours après avoir violenté ou intimidé sa victime et il ne l’admet que pour nier sa responsabilité dans la violence en question.

Tous les criminels actuels, en effet, savent pertinemment qu’ils peuvent diminuer leur culpabilité en invoquant une enfance malheureuse ou même la mauvaise influence des jeux video – un meurtrier a par ex, jeté le blâme de son acte sur la junk food qu’il consommait.

Qu’ils aient eu une enfance malheureuse est triste, mais hélas, en avoir pitié ne change pas leur comportement ; ça ne fait que maintenir plus longtemps la victime dans les chaînes ! Même leurs excuses servent en fait à cela !  Et quand une méthode ne marche plus, ils en essaient une autre ; tout pour que vous y croyiez et restiez leur jouet !

pas d’autres perspectives– seulement la vision de l’abuseur

Dans une relation abusive, la victime doit toujours « marcher sur des œufs », vivant dans la crainte de faire ou dire quelque chose qui le fera « exploser ». Pour survivre, elles commencent à adopter la vision du monde de leur abuseur ; elles arrangent les choses qui pourraient provoquer une crise de colère, obéissent en tout à leur abuseur et font des choses qui leur plaisent – finalement, toutes leurs décisions découlent de leur anticipation de la réaction probable de l’abuseur, elles ne se soucient plus que de leurs besoins, désirs et caprices.

Cette technique de survie devient si prenante que la victime se fâche contre ceux qui tentent de la sortir de sa situation – tout comme l’est l’abuseur envers ceux qui aident et soutiennent sa victime. La victime fuit même ses amis et sa famille – tous ceux qui pourraient l’aider sont vus comme des sources d’embêtements (vu qu’ils provoquent des scènes de la part de l’abuseur). La famille s’indigne que cette victime prenne le parti de l’abuseur alors que tout ce qu’elle essaie de faire, c’est de minimiser les situations où elle sera violentée !

Dans les cas les plus graves, la victime est liée fortement à son bourreau et a le sentiment que ce qu’elle subit est de sa faute (moi !) ou, si les enfants se plaignent, elles les accusent de briser la famille.

l’inaptitude de s’échapper

Il est facile de comprendre qu’un otage dans un hold-up, menacé par des bandits armés, n’a pas la possibilité de s’enfuir – par contre, s’agissant d’un(e) être en relation d’amour, c’est moins évident à comprendre : on se dit que ces gens sont adultes et que, si la relation ne leur plaît pas, ils n’ont qu’à faire leur valise et partir !

Ils ne savent pas que l’abuseur s’est débrouillé pour placer la victime en situation de dépendance par rapport à lui : il l’a isolée de tout contact, dépouillée de ses biens et de toute estime de soi, lui a fait des enfants – et souvent même, lui  a mis des dettes ou des intérêts communs (maison, …) sur le dos : ainsi lestée, la rupture est impossible – sans compter qu’il menace souvent de ne rien lui payer, de lui enlever ses enfants, de la tuer ou de les tuer ! Une menace à prendre au sérieux quand on sait que la plupart des femmes assassinées le sont par un compagnon qu’elles viennent de quitter !

En plus, la séparation ne met pas fin aux violences ; rendu enragé parce qu’elle a osé lui échapper, l’abuseur harcèle la victime, détruit sa réputation (faux témoignages, …), lui ôte ses enfants et lui pourrit la vie autant qu’il peut.

Un abuseur peut aussi faire craindre à la victime qu’il se suicidera – par sa faute – si elle part.

Du reste, la victime, dépouillée de toute estime de soi, est comme un oiseau sans ailes (IL lui a coupé les ailes !) ; car on ne se lève pour défendre ses droits que si on se juge digne d’en avoir – or, l’abuseur l’a démolie psychiquement, en sorte qu’elle se sent pire qu’une bouse – et que donc, elle ne s’indigne pas de ce qu’on la violente ; elle pense le mériter !

– Un(e) ado déstabilisé par le divorce de ses parents, peut se mettre en couple avec un(e) abuseur(euse) qui semble pouvoir (comme il contrôle tout) stabiliser leur vie, ou s’attacher à un abuseur à l’entrée à l’unif ou à une haute école : l’abuseur est alors vu comme quelqu’un qui les protégera des attaques des autres.

On peut dire que toute relation malsaine se fonde sur un souci constant d’éviter « des ennuis », lesquels peuvent survenir suite à des actes, paroles, regards, choix d’aliments,non-nettoyage de l’appartement,  … La famille, les amis ou les enfants deviennent alors « des ennuis » !

Le syndrome de Stockholm en relation est assez fréquent et explique pourquoi les victimes continuent à soutenir leur abuseur, même après la rupture – c’est aussi pourquoi ils continuent à voir un bon côté chez ce dernier et semblent approuver leur bourreau.

De plus, d’autres personnes participent à ces situations étranges et violentes : c’est dû à la « dissonance cognitive ».

Oui, les gens soutiennent ces situations malsaines et anormales : en effet, tout être tente d’éviter les situations qui le mettent mal à l’aise. Lorsqu’il y a 2 voies de connaissance qui s’opposent – le savoir, l’opinion, les sentiments, des données provenant d’autres personnes, … , ça cause de l’inconfort psychologique à l’individu, qui tente alors de réduire la dissonance (= le fait que nos cognitions ne collent pas ou n’ont pas de sens si on les combine)

on peut alors rajouter d’autres pensées et attitudes – par ex :

Par ex, un fumeur sait que fumer nuit à la santé, alors, pour pouvoir continuer, il se dit des choses du genre « je fume depuis pas longtemps », « je fume des cigarettes dénicotinisées », «il faut bien mourir de quelque chose ! » et surtout : « de toute façon, tout est pollué, alors, … »

Par conséquent, si on a un partenaire abusif, on se dit des choses du genre « il ne me donne que des gifles et non des coups », « il a beaucoup de stress au boulot », …

Leon Festinger (qui a créé le terme “dissonance cognitive ”, a remarqué que les adeptes d’une secte ayant volé tous leurs biens en échange de la survie lors d’une apocalypse – devant l’évidence que l’apocalypse prévue n’arrivait pas, au lieu d’en déduire qu’ils avaient été floués, ont déduit que leur ferveur avait évité ladite apocalypse – c’est tout a fait ma théorie du trou dans le pull ; quand quelqu’un a (ou S’EST) investi à fond dans quelque chose (temps, argent et énergie), on ne veut pas avoir perdu tout ça en vain – tout comme un joueur de poker qui a « la tête dans le sac » ;  il ne sait pas dire « bon, maintenant, je me retire ; j’ai perdu assez – au contraire, il se dit « allez, je vais me refaire au coup prochain » !

Tout prouve qu’à force de se démener pour quelque chose, on s’y attache (enfant, par ex). Les baptêmes étudiants, entraînement des « marines » – bref, tout ce qui est pénible, humiliant, difficile – produit des êtres loyaux et impliqués.

Les épreuves créent un lien – et on dirait que l’abuseur le sait. On ne s’attache pas à un autre membre de l’automobile club, mais à un autre survivant de crash, oui.

Or, il y a plusieurs types de liens qui tendent à nous maintenir dans une relation malsaine :

l’investissement émotionnel  (se faire du souci, pleurer, « donner de soi »), l’investissement social (on a sa fierté, alors on reste pour pas avoir la honte devant les autres), l’investissement familial (les enfants constituent un investissement lourd !),  l’investissement financier  (l’abuseur a impliqué à fond sa victime !),  l’investissement dans un style de vie (l’abuseur utilise souvent le standing ou l’argent pour faire rester sa victime) et  l’investissement intime (le domaine sexuel est aussi – bien que pas pour tous – un investissement lourd).

=> Donc, ce n’est pas que nos sentiments pour lui qui nous font rester avec un abuseur ; c’est surtout la somme de tous ces investissements.

La combinaison de 2 facteurs malsains

Parfois, le syndrome de Stockholm se double de dissonance cognitive : la victime pense alors qu’elle s’effondrerait si elle quittait son bourreau, car elles ont littéralement tout investi – leurs biens, leurs sentiments, leur corps et leur âme – dans la relation. Et plus leurs proches dénoncent le caractère malsain de la relation, plus la victime les blâme ; bref, ils deviennent aussi des victimes de l’abuseur.

Le syndrome de Stockholm et la dissonance cognitive apparaissent involontairement, dans l’effort pour survivre à des conditions de vie menaçantes  – souvenons-nous qu’au départ, l’abuseur semblait charmant et aimant…

Les victimes ne font qu’acquérir les feelings et pensées nécessaires à leur survie dans une telle relation : il a souvent été constaté que plus une situation est dysfonctionnelle, plus nos plans de survie et nos mécanismes d’adaptation le sont !

La victime est engagée dans une tentative de survivre et de faire fonctionner la relation (ce qui est antinomique…)

Les proches de la victime

Quand une famille a l’un de ses membres qui sort avec un loser abuseur, ils en souffrent, surtout si la victime les exclut. Mais avec les infos ci-dessus sur les raisons des actes apparemment cruels ou insensés de leur parent(e) victime, ils faut qu’ils soient compréhensifs et patients, et prêts à soutenir la victime lorsqu’elle rompra enfin avec son abuseur. Ce n’était pas de sa faute si elle les a mal traités ; c’est à cause du lavage de cerveau que son abuseur lui a fait subir (tout à fait comme l’adepte d’une secte) et de sa terreur des conséquences.

Qu’ils se souviennent que, plus ils critiqueront le partenaire abusif, plus ils apportent de l’eau à son moulin –eh oui ; le loser ne cesse de dire à sa victime que ses proches sont jaloux et essaient de saboter leur « belle relation » !

Il vaut mieux maintenir ce lien à distance, en espérant que votre proche victime ouvrira un jour les yeux et reviendra alors vers vous… Pour maintenir quand même un contact, même mince et assurer la victime que vous êtes toujours là pour elle, appelez une fois par semaine, le soir, à heure fixe – sinon, vos coups de fil seront vus comme des coups de sonde, pour les espionner. Si vous tombez sur le répondeur, ne laissez qu’un message poli et aimant.

Appelez aussi pour les fêtes et anniversaires – toujours sans mentionner la relation – juste un message de tendresse et quelques infos sur la famille – jamais des questions – jamais aucune pression.

Rappelez-vous toujours que si la victime se montre hostile envers vous, ce n’est qu’une attitude défensive d’auto-protection – la victime doit savoir que même si elle rejette sa famille, celle-ci ne la rejette pas.

Au fond d’elle-même, la victime se sait maltraitée, mais, si vous le lui dites, vous lui rappelez cette pénible situation – or, chacun tend à éviter les porteurs de mauvaises nouvelles.

Si votre parent victime se confie un peu à vous ou insinue qu’il(elle) songe à rompre, ne cédez pas à la tentation de critiquer l’abuseur – réitérez seulement l’assurance de votre amour et votre offre de l’aider si besoin est. Car une victime ne se détache pas d’un coup ; ça lui prend des mois ou des années – là, elle est sans doute juste en train de collecter des infos.

Si l’on ne peut dire à la victime les choses en face, il faut lui faire entendre les choses indirectement, via quelqu’un d’autre, l’une des rares personnes avec qui elle peut encore avoir des contacts. Toujours de l’amour bien sûr, pas d’insultes ni de menaces envers l’abuseur (même si on en est venu à le détester). Car toute attaque contre l’abuseur sera vengée par lui sur la victime.

Les parents d’un(e) ado ou post-ado en ménage avec un abuseur et qui l’aident financièrement, sont tentés de cesser de payer si leur enfant les tient à distance ou les insulte. Mais, ce faisant, il est encore plus dépendant de son abuseur – surtout que c’est une épreuve, et que toute épreuve les attache encore plus fort à leur bourreau.

Comme dans une secte, la victime est punie si elle est déloyale envers l’abuseur.

Si vous êtes victime d’une relation abusive, ou que c’est le cas d’un être aimé, personne ne sait comment ça évoluera – mais plus la victime reste dans la relation et plus elle s’y implique (mariage, enfants, maison), plus il lui sera difficile de rompre.

2 réponses à “Relation malsaine: violence et syndrôme de Stockholm

  1. Merci! C’est vraiment très profond… Et c’est grave…Comment comprendre que sur le coup, l’on puisse se plaire dans un abus?
    Oh, JESUS vient à notre secours! Equilibre-nous émotionnellement. Restaure nos âmes, renouvelle notre esprit.

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